Rien ne va plus pour Kerkadek. Son traitement, à base de whisky breton et d’héroïne pure, est si puissant qu’il voit la jungle pousser dans sa chambre et des serpents multicolores s’enrouler autour des pales de son ventilateur. Mais une nuit de tempête, il reçoit la visite d’un Archange, qui lui apprend qu’il a été choisi pour une mission : retrouver le célèbre Bluesman Robert Johnson dans le delta du Mississippi avant qu’il ne vende son âme. C’est l’avenirde l’humanité qui est en jeu, lui explique l’Archange. Pour mener à bien sa mission, Kerkadek devra voyager dans le temps.

Dans cette aventure comico-fantastico-musicale, le Comte Kerkadek parcourra les Etats-Unis des années 80 jusqu’aux années 30, il fréquentera les guitar heroes et les stars du rock, il rencontrera les Blues Brothers, des trafiquants de drogue, des bandits chinois, des contrebandiers de la Prohibition, des hippies fumeurs de chanvre et beaucoup de Bluesmen. Il échappera à la police de plusieurs États, aux triades, au Ku Klux Klan et affrontera le plus grand ennemi qu’un auteur de roman puisse imaginer.

« Mississippi blues » est un roman inclassable. Fantastique, antéchronologique, musical, c’est le cinquième roman du Comte, et son hommage au Blues.

Un bel hommage au Blues

Le Blues, c’est la plus belle des musiques. C’est l’émotion pure, c’est l’inspiration de tous les grands guitaristes et des musiciens modernes. C’est une musique née aux confins de l’histoire, c’est la conséquence de deux siècles d’esclavage, le cri de l’homme noir qui peut enfin exprimer ce qui existe et palpite au plus profond de son être. C’est aussi une musique née d’un fleuve, le Mississippi. De même que certaines musiques sont nées des Caraïbes, ou de la baie de Rio, ou du Sertao, le Jazz est né d’une ville, le Blues est né du grand fleuve qui unit le sud profond de l’Amérique à sa troisième métropole, Chicago.

Le Blues est bien plus qu’une musique. Comme le dit le Comte lui-même, c’est la Bible qui chante. Le Blues et son histoire, ses mythes, ses villes, ses personnages, c’est sans aucun doute l’Ancien Testament (Memphis, Nil-Mississippi, fermiers blancs-Égyptiens, noirs-Juifs, exode-transhumance, fin de l’esclavage, Chicago-Israël…). Des paysages cotonniers du sud des Etats-Unis dans les années dix, puis vingt, puis trente, naquit la Blues. Du Blues naquit le be-bop, le boogie-woogie, le rock n’roll, le rock, la contre-culture et toute la civilisation moderne. Au commencement était le Blues… Il est donc bien naturel que le Comte y ait consacré un an de sa vie.